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02/02/2007

Minutes brûlées

Cet endroit est une pyramide. Symboliquement, le ciel et le fleuve la protègent. Littéralement, elle s’est construite avec l’ambition d’être abritée du monde. Comme les centaines de pèlerins qui passent l’entrée chaque jour, je dépose mes sacs aux pieds du probe (assis) et du scrupuleux (debout), avant de m’engager dans le défilé spartiate relié au labyrinthe des corridors. Passé le millième numéro, beaucoup implorent Anubis. J’ai rangé le plan dans ma poche car je sais précisément où elle reçoit ses visiteurs. A l’ouest, avec le privilège d’une vue sur le fleuve. Quand j’arrive dans son bureau, le soleil descend déjà et même le silence s’est empourpré de rubis. Elle a l’air épuisée, enroulée dans son étole, la lumière écarlate jouant avec ses traits. Elle me dit qu'il lui reste plus de 300 mails à lire dans sa boite. Je suis contente de ne pas lui en avoir envoyé. Si elle est capable d’en consulter 50 par heure, en respirant peu, elle est ici jusqu’à 23 heures. Rougeoyant. Ce coucher de soleil est sublime mais, dans le cadre de cet échange, il ne nous appartient pas. Le moment s’est vidé de son sens au contact de sa brûlure. Je me sers un verre d’eau et nous restons brièvement dans la stupéfaction de laisser s’échapper une certaine beauté. A cet instant, nous partageons une seule chose : le sentiment de consumer nos vies

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Écrit par : Sacha | 07/06/2007

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