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07/01/2007

En sommeil archipel

En regardant le plafond détoilé, cette nuit d'hiver me sourit. J'avais oublié que je dormais déjà. Son sourire ressemble à un pli au milieu de nulle part. Comme tu n'es pas là, je sais que c'est une feinte. Une galaxie de stuc posée en équilibre sur une feutrine recyclée à la roue des nuits. 250 kilos minima de matériel imaginaire pour meubler le décor d'une place vide dans les draps. Reste un job de titan avant minuit. Le montage de l'avant-scène de mon sommeil est un travail éclectique: je construis des épaves sans serrures qui finiront démurées par les cahots du désir.

Cette nuit, c'est une chance, sur l’oreiller où tu posais ta joue j'ai trouvé l'entrée de ta ville. Ne dis pas non, je l'ai reconnu à travers le soupirail de ma fatigue. Tu me la décris depuis si longtemps, à force de patience j'aurais fini par la trouver. En passant le bras, je pourrais presque me saisir du drapeau de la grande roue qui domine la fête foraine. Un bandeau d'émail soufflé par tes conquêtes sur la douleur qui recompose le profil d'une vie en parcelles de bitume. Inexprimable ailleurs. Ici, c’est différent,  par la grille du sommeil et vu de haut, il n' y a pas de frontières, pas de panneau indicateur, la lumière trace des routes joyeuses,  et barricade tes itinéraires ratés, refuse les raccourcis. Tu n'es pas faite pour les arrangements, même spatiaux, même en rêve, même absente.

Cette nuit je cède à ce décor impossible pour une bonne raison : je suis là pour le rêver à ta place. Laisse-moi m'arrêter ici, entre deux draps, entre cette banderole que tu as oublié en partant et la voie ferrée,  je veux poser sur l'enceinte de ton inconscient mon espoir comme un ornement.

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Écrit par : Sacha | 07/06/2007

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