16.05.2007
De la licorne à mon fils

Ce regard est une intrusion aimante : tu es allongé sur les coussins qui font le seuil de ta maison de pain d'épices. Un éléphant de mer attend les coups de ton épée lustrée au miel, sa babine est un tapis vers l'infini. Tu te redresses , tu vis en accéléré comparé à moi, et pars à califourchon sur son dos en bondissant seulement sur les cases blanches. Derrière toi, la fontaine des mondes ( cette source qui s’assèche parfois avec l’âge) dévide tranquillement ses possibilités. Ton animal de mer sucré sourit à ma licorne . Il avait déjà oublié qu’ils habitaient ensemble dans notre maison, au milieu des cases invisibles du damier. Nous décidons d’ailleurs qu'ils galoperons sur les noires et qu’elles se nommeront désormais LES BLEUES, puis complices de ce décret qui nous semble tout à fait culotté, nous rions sous cape.
Bien sur, je sais qu’ici tu ne seras jamais à l’étroit, jamais seul non plus. Le monde réel n'est pas un endroit parfaitement habitable. Mais l'écart de tempérance est souvent une secousse. Je voudrais t'apprendre à ne pas faire mon erreur: l'imaginaire n'est pas non plus un lieu où l'on peut être heureux toujours. Après y avoir pris ses habitudes, il est difficile de savoir comment se donner aux autres.
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Ecrit par : Sacha | 06.06.2007
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