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14/01/2007

Andrea planetaire

90d73bc172c681b2a488e309024683f2.jpgCent mètres carrés d'une blancheur connotée et un canapé découpé au cutter au centre de la pièce. A  Paris, l'espace donne lieu à des exhibitions. Je suis assise dans le salon (sic) de travail à l'écart. La résonnance des pas fait partie du show. Une fleur entre et s'excuse d'appartenir à cet espace réservé et de m'y avoir invitée. Pourtant Andrea, c'est toi qui m'intimide. Des paroles comme un volcan et le tamis de ton intelligence pour rester accessible à ceux qui rémunèrent ton temps à la minute comptée.Il ne faut pas être trop over-promising  : au-dessus de ta tête ce slogan barbare qui fait dans la complaisance post-pubeuse. Mais celui-ci ce n’est pas toi qui l’a inventé ! Tes mots sont des unités plus sauvages que tu vends à la parcelle. Tu transformes chaque objet en une symbolique purifiée parfaitement adaptée au village-monde. Tu transformes la possession en un partage doucereux, l’acte d’achat en un chant indien autour d'un feu de bois, en un capteur d'énergie, en un totem nord-sud, tu déploies l'ossature parfaite des envies planétaires!

Notre point commun n’est pas de savoir raconter des histoires mais de savoir que chacun désire, un jour ou l’autre, qu’on lui en raconte une. Avec un supplément d'espoir je me plais à imaginer ta reconversion hors de la pub. Trop de blanc ici. Ton regard glisse sur mes bottes, mon pantalon noir, mon chemisier noir. Aucune marque de tes fréquentations pour accrocher et interrompre cette glissade discrète. Je dois avoir l'air d'une femme sortie desMen in black. Avec les souvenirs en plus. D'ailleurs c'est pour ça que tu es décidée à me payer: pour être invisible,  dans l'ombre de tes mots et te faire signe à l'instant même où leur association fonctionne. Contrairement à toi, communiquer n’est pas facile pour moi mais je suis probablement cette interprète dont tu as besoin. Ce calque permanent, ça me fait vivre, aux entournures ça m'empêche de vivre.

Clic-clac en fondu digital. Le Mac à ta droite communique à son tour, IA en devenir, en émettant un signifiant sonore qui t'es destiné. Tu hoches la tête (vers lui) en (me) souriant. Jolie chaîne de communication non verbale, vision à peine futuriste.  Andrea, ton obsession de la communication est devenue une invention vivante et tu sais combien ça m’impressionne, mais je suis équipée pour résister aux toxines de ta capacité naturelle de persuasion. Mes défenses immunitaires tournent maintenant à plein régime pour m’injecter en temps réel un contrepoison mental.

Car, dans le fond, je sais que tu es prête à engendrer des disciples. Et refuse d’en faire partie.

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Écrit par : Sacha | 10/06/2007

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