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10.01.2008
Le détraqueur de distances
(curieuse machine bien utile)
La distance est une variable comme une autre: c'est un facteur dont il est possible d'ambiguiser la valeur. Le floutage de distance ( ce savant dérèglement du temps ou de l'espace ) est vraisemblablement une pratique qui aide le sentiment amoureux à s’oxygéner et, saisi au plus vif de sa course ou en pleine décélération, à reprendre haleine. A l’ère affadissante du GPS, le détraqueur de distances dépositionne (l’instrument est plutôt sec, sonore et dental, mais passons là-dessus). Imaginez plutôt que vous puissiez utiliser les techniques de l'origami, alternance de découpage et de pliage, pour manipuler les intervalles amoureux Là. Et par ici. Instruction de base: poser la distance à plat avant que le support ne soit trop abîmé pour autoriser le moindre assemblage. [Mais comment plier une montagne? demande la princesse perdue de l’autre côté du piton. La princesse n'imagine pas tout ce qu'on peut faire avec un substantif féminin. A l'envers. A l'endroit. Hop, coupé en deux. Anagrammé. Puis caché au fond d’un sac].
En détraquant mes trajets solitaires, je gagnerai au moins quelques minutes à partager avec elle, leurs échardes logées dans les rayures de son chemisier feront une guirlande dont l’intimité me fait rêver. En pliant les longues distances temporelles, je cherche à leur donner des formes plus turbulentes (cet animal échappé d'un sourire) car l'endurance amoureuse s’accommode bien d’un certain tohu-bohu. Les années peuvent s'assembler les unes dans les autres, entièrement patronnées sur l'empreinte du bonheur. Heure lascive, heure surprise, heure rehaussée d'un trait d'encre, heure nocturne imbibée à l'excès de sa propre prouesse. Toutes ces ingénieuses cochent les pages de moments inoubliables, puisqu’elles figurent parmi leurs plus petits dénominateurs communs! Le pliage de départ peut aussi être répété plusieurs fois pour créer des reliefs qui n'existent pas comme une station de métro surgie entre deux rendez-vous. Académie des Arts : nous changerons sur ce nouveau quai pour passer un Rialto indétectable aux affres du quotidien.
A cet écart qui survient (inévitablement), actionner le mécanisme en découpant n'importe quelle nouvelle figure. Elle fera l'affaire, même mal taillée, je suggère d’en faire le papier cadeau de multiples retrouvailles.
12:15 Publié dans Itinéraires Alternatifs | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note



Commentaires
Acceptez, ma dame, que je me replie devant cette verve...
Ecrit par : Patricia-M | 10.01.2008
Très belle verve, en effet. Carrément origamisque...Bon, je me replie aussi sous la montagne qui produit de l'eau ferrugineuse.
Ecrit par : BT | 13.01.2008
Tu nous a offert le"détraqueur de distance", le "chronodeur", des machines merveilleuses...Je t'offre ce texte où la physique rejoint l'imaginaire...
" LES COURBES DE LUMIERE
. Elles forment un cône dans l'espace-temps, le divisant en deux parties. Le cône est un hyperplan tridimensionnel dans l'espace-temps, qui apparaît comme une ligne sur les dessins avec deux dimensions supprimées, et comme un cône sur les dessins avec une dimension spatiale supprimée.
LES COURBES DE TEMPS
. Ces courbes doivent tomber dans les limites d'un cône défini par les courbes de lumière. Dans notre définition ci-dessus, les lignes d'univers sont des courbes de temps dans l'espace.
LES COURBES D'ESPACE.
elles tombent en dehors du cône de lumière. De telles courbes peuvent décrire, par exemple, la longueur d'un objet physique. La circonférence d'un cercle et la longueur d'une tige sont des courbes d'espace.
LE FUTUR d'un événement donné est formé par tous les événements qui peuvent être atteints à travers une courbe de temps se situant dans le cône de lumière futur.
LE PASSE d'un événement donné est formé par tous les évènements qui peuvent influencer l'événement.
LE CONE DE LUMIERE d'un moment donné est formé par tous les événements qui peuvent être connectés à travers des rayons de lumière avec l'événement. Lorsque nous observons le ciel nocturne, nous voyons uniquement le cône de lumière passé dans la totalité de l'espace-temps.
LE PRESENT est la région entre deux cônes de lumière. Les points dans le présent d'un observateur lui sont inaccessibles. Seuls les points dans le passé peuvent envoyer des signaux à l'observateur.
En fait il y a toujours un retard pour la propagation de la lumière. Par exemple, nous voyons le Soleil tel qu'il était il y a 8 minutes et non pas comme il est là à l'instant présent. Le présent est épais ; c'est n'est pas une surface, mais un volume. "
source: "les lignes d'univers en relativité restreinte" (collectif)
Merci de nous faire partager tes univers !
Repliements sincères :)
Ecrit par : syl | 14.01.2008
Syl, tu mosaïques dans mon univers, assurément, et viens de me donner le pliage de deux posts au moins !
BT, rien ne vaut une p'tite douchette de mots, ici, chez toi, chez elle: un abri pour la nuit...
Ecrit par : Sacha | 14.01.2008
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