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15/12/2007

Sémiologie encapuche

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Comme tous les autres signes, le vêtement donne à lire entre les lignes de son usage fonctionnel. Ici mettons immédiatement de côté l'unité matérielle du signe, car, dans cette représentation, le vêtement n'est pas quelque chose qui sert ( cette fourrure pourrait ne pas protéger du froid, elle n'attraperait pas de rhume pour autant) pour se concentrer sur sa charge symbolique, devrais-je dire profonde et dérivée. Ce syntagme est scrupuleusement composé d'une fourrure aérienne, réhaussée par l'impossibilité de visualiser le vêtement dans sa globalité, le poil en mouvement masque un visage angulaire et éthéré. Le froid est triplement suggéré par un mouvement venteux latéral, par le plissement des yeux et la couleur des pommettes. Considérons que la fourrure n'est qu'un alibi, car par un déplacement métonymique, elle devient sa qualité intrasèque, la Douceur. Elle parle au toucher et il est presque possible de percevoir la caresse de ce pelage détaché d'un animal de féerie voleter dans un courant artificiellement hivernal. Artifice de féerie féeroce. Féeroce comment?

A plumes et à poil. Engoulevent se hissant à ma hauteur d'un seul battement d'aile. Encagoulevent. Laisse-moi t'encagoulever. Bête à poil toute habillée.

Donc, dans un deuxième temps, elle indique aussi qu'elle n'est pas réellement civilisée. Elle connote l'animalité, tout de même. Donne une identité sauvage à la douceur. Poils gris-blanc sous le ventre des petits mammifères. Lustrés, rustres et musqués à la fois: la destruction d'un songe par la dent, mousseline zébrée par la fourchette dans les auges de cristal, marque de griffes dans votre crème de beauté. Par extension, une forme de réconciliation des sens juste à la gueule du plaisir.

Bien sur cette analyse est récusable, certaines images de noel encapuchent toute mon objectivité ( source jodiefoster.nu, merci à Henrik). Passez de bonnes fêtes!

01/12/2007

Compromise

 «Non compromise par l'absence de désir , Maudite par l'absence de désir »

J'imagine pernicieusement une vie exempte de désir. Ou plutôt une canalisation secrète et compliquée qui délivrerait le royaume de ses débordements, l'enchevêtrement discret de réseaux d'évacuation dans son soubassement, remède ergonomique à toutes les déclivités. Tout autour, le fuselage d'un modèle d'intégrité bien dessiné, carrossé pour s'offrir à d'autres combats nécessairement plus justes, enfin reconnus et partagés. En haut, une volière aux battements, à l'intérieur l' espace suffisant d'une connivence riche et paisible.

La clé, bling

la clé posée en équilibre sur le rebord du compte-tours tutoyant son coeur. Malheureusement, à tout moment, levant les yeux de cette réduction, si je croise l'ingénuité d'un geste involontairement lesté par l'appétit de son regard, une sorte d'obscur balancier se remet en marche, une obsession en son pendule. Pour qu'elle prenne encore la liberté de se soumettre à mon corps, j'accepte à nouveau l'imprévisible.

La citation est de TJ Tejpal dans l'impétueux « Loin de Chandigarh ». Et le désir est une chose merveilleusement amorale mais, pris au piège de la monogamie, il ne peut survivre sans amour. Sans les lubrifications de l'amour, on ne peut désirer continuellement la même personne (..) L'amour réapprovisionne en huile la machinerie du désir.