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06/04/2008

Dedoublée

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Le jeu des doublets a été inventé par Lewis Carroll lors d’un dîner vaporeux en manque de divertissement. Lui aussi n’était pas très sérieux mais savait bien faire semblant. L'exercice consiste à changer un mot en un autre en modifiant une seule lettre par étape. La chaîne est composée de maillons de même longueur et propose l'illustration d'un lien de dépendance dont les points de départ et d'arrivée n'ont pas de lettres identiques dans la même position. Originellement il y a d’autres contraintes comme l'exclusion de noms propres, et la chaine parfaite doit être construite avec le même nombre de palliers que de lettres. Mais l'imperfection ne nuit pas à la distraction.

[facile, l'émoi rend moite] EMOI VOILE TOILE MOITE [et dans sa main, une rose] MAIN SAIN AISE SIRE ROSE

[circulaire et bien connu, partir = retour] PARTIR TRAHIR RETIRA MAITRE MENTIR RENDIT TONDRE DETOUR RETOUR

[l'ennui, c'est quand même qu'écrire rend double] ECRIRE CROIRE RECRIE RECRUE ECROUE ENROUE OURLEE ROUBLE OUBLIE DOUBLE

L'échelle des doublets est vertueuse, elle rend visible certains sauts de puce de l'esprit dans une approche plutôt folâtre. Dans le fond, elle est très bloguesque. Un pallier, puis un autre. Ici le tracé est juste plus large que le mot , les encoches sont des historiettes peuplées de figures de l'instant, vivantes en pointillés mais qui ne vieilliront jamais, distraites par la volonté narcissique qui les guide et les épingle avec datation comme des curiosités de foire. Les traces de réalité affleurent dans la fiction, l’inverse aussi est vrai, plus confusément. Si dans toute action de création, il est possible d’expérimenter les choses sans les vivre par ce recyclage permanent des émotions et des idées, faut-il se laisser saisir par ce qu'on n'a pas encore pu donner ni recevoir? Le temps de l'écriture rend dissident à sa propre histoire. Une transaction qui peut être vécue par le foyer comme une disgrâce. Avec le plus grand naturel, suivant le fil, j'accepte de donner vie à ce que je n'ai pas vécu.

Commentaires

Après lectureS, pauvre de ton talent mais joueuse malgré moi, j'ai cherché à trouver une combinaison qui te rejoindrait.
Alors, je me suis auto-torisée à penser à une nouvelle règle du jeu :
Oter une lettre (ça c'est pareil) vers un esperanto sonore ( du sens, du son mais pas d'orthographe ). Assembler en sons ensuite ce qui semble faire sens.
But de mon jeu de mots : trouver un chemin entre "Amour" et "Ta loi"

Résultat :

AMOUR
RAMOI
MATOI
OTAKI
LATOI
TALOI

Et voilà, dans le fond et dans la forme, tout se lie ....

Écrit par : Patricia-M | 10/04/2008

miam, ta nouvelle dimension phonique rajoute une mélodie

habile en bouche.

Je suis quand même intriguée par OTAKI,
c'est aki ? atoi?

Écrit par : Sacha | 12/04/2008

C'était plutôt OTAKITALOI
ôte à qui
"La" Toi

Écrit par : Patricia-M | 13/04/2008

Un palindrome de doublets était en conception finale mais un diner vaporeux m'en a oté le souvenir !

Écrit par : diagonale | 14/04/2008

Patricia-M>
jamais sans ton sens de la liaison

Diago>
tu as du tomber de l'échelle des doublets
avec un sourire d'une belle audace

Écrit par : Sacha | 14/04/2008

Les commentaires sont fermés.