Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

20/02/2010

Etendue

Après un diner, elle roule une cigarette à la vanille. C'est très lent, ça se regarde en penchant la tête vers elle et vers la nuit qui s'avance, c'est lent mais pénétrant : j'ai beau remuer, le moment est pris et colonisé par petites touches de matières. La décomposition pure, anatomique, de ses gestes et la promesse des substances. La toile froissée d'un cerf-volant miniature qui atterrit entre ses doigts. Torsion et craquements de la feuille. Ni trop secs ni trop sonores. De la paille qui retrouve l'air libre puis s'échappe en toupet. Toupépartout sous le ciel bleu de Virginie. Il fait beau là. Marcher sur le sol après les récoltes en chemise de lin et mains nues. Pieds nus. Cool. Ces flammèches d'odeurs suaves qui s'échappent du crin vanillé, en brassées, échevelées. Echevelée la zone de combustion. Quand les franges se mettent à bruler, vous vous sentez rapidement concernée. Par la flamme en mouvement le long des ( par la joie d'une perversion) mains qui vous la tendent, par le parchemin des lèvres sous la chaleur, par l'échange de bons procédés, par la sensation d'un effondrement repu d'étincelles, par le dynamitage des étincelles elles-mêmes! Pourquoi cette cigarette me suggère-t-elle après coup une telle débauche d'effets ? Mystère. Puis je le tiens, c’était tout simple. Par métonymie, c'est bel et bien son corps.