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30/05/2010

Athena nikè

Grèce2010.JPG

"Les civilisations ne produiraient-elles qu'une seule fleur et mourraient-elles ensuite lentement avec à peine quelques sursauts dans leur agonie? Comme d'autres grandes lueurs dans les ténèbres, la Grèce a connu son heure de grâce, une heure qui a épuisé sa sève. Restent les génies du lieu, ces minutes théatrales où la nature, la montagne, la mer nous révèlent les raisons d'une si extraordinaire efflorescence. Ce n'est donc pas le cadre qui a changé, c'est l'homme, le mauvais ordonnateur de son pouvoir, qui efface les traces de sa lente, et parfois glorieuse, ascension. Je n'oublie pas les moments où le soleil se couchant à l'ouest, derrière les montagnes du Péloponnèse, incendie le ciel et la mer, ces îles qui au cours de nos navigations apparaissent à l'horizon chargées de légende et de vie simple. Il suffit de quelques arbres acharnés à vivre, leurs racines aggripant la roche volcanique, d'une crique opalescente, d'un débris de colonne dans un site majestueux pour qu'on se sente non pas tiré vers le passé mais au contraire projeté dans l'avenir avec un fol espoir: puisque la terre a de ces beautés, veillons sur elle qui est notre trésor, et la Grèce est une de ses gemmes les plus précieuses, tout peut recommencer..."

Michel Déon 1988.

Source: Emeutes sur wordpress/ Exarhia (quartier étudiant d'Athènes )

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