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23/10/2011

Nettoyer l'espace

Dommages.jpg« La quantité de débris en orbite autour de la planète a atteint un point critique affirme une étude américaine, pour laquelle le nombre de collisions, et donc de nouveaux débris,  augmente de plus en plus, mettant en danger nos satellites et la vie des astronautes » Slate.fr en 2011

 En surveillant les orbites utiles, je sens à nouveau qu’elle s’ennuie. Une lassitude qui affecte la précision de ses gestes avant de se perdre entre ses épaules. Nous nous faisons face au bord d’un terrain vague moiré aux frontières flottantes,  suspendues jusque dans nos membres à un travail minutieux et répétitif. Une mission d’accumulation qui n’a pas le panache assigné à l’exploration spatiale (dans sa tête en tout cas). Elle s'ennuie. Le corset vaporeux des pléiades ne lui inspire rien de plus qu’un amas de poussières à la traine fantomatique. Six semaines à téléguider de petits modules fragiles, aussi précieux qu’une extension de nos corps, pour capturer par agglutination les débris dangereux avant de les envoyer se frotter à l’atmosphère où ils se détruisent naturellement. Six semaines à s’observer manœuvrer les poubelles dans le videet à se demander pourquoi, mais pourquoi personne n’a trouvé de meilleure solution pour protéger le blindage des ISS ! Une dizaine de nuits à  parler de l'intime et à revenir sur la manière dont Hélène a accueilli sa nomination devant leur boite aux lettres  : «  inutile d’avoir fait prépa pour nettoyer l’espace, une geek légèrement pyromane aurait aussi bien fait l’affaire ».

Alors depuis ce matin,  nous jouons.

Un réservoir d’hélium sphérique en provenance d’un lanceur mort affublé d’un câble électrique ? La silhouette d’un éléphant. Ce bidon couvert d’écailles sales: ventre d’un animal plus féroce  tapi dans la vase des aurores australes. Une découpe d’acier noir rectangulaire bien propre, l’entrée d’un peep show ? Mais pour qui me prends-tu. Pièce cylindrique longue, 2 m 70 environ, marquée d’un sceau britannique, voilà Big Ben. (C’est une joueuse remarquable, elle n’a aucun mal à me mettre en difficulté sur les objets nécrosés dont on ne reconnaît plus rien et dont les figures nécessitent une bonne dose d’inférence). Vingt-sept boulons noircis dans leur nasse calcinée en aluminium : la récolte des olives à Kalamata. Je l'aime bien celui-là. Allons voir ici. Tiges soudées à un épais rouleau et ses ressorts en béryllium, masse 12-15 kg: le barda casse-pieds du camping en juillet (j’étais encore si proche d’elle, nous campions). Plusieurs plaques de métal piquées de vérole électronique et reliées entre elles comme une péninsule: cet endroit que tu n’as jamais visité et qui pourrait illustrer nos jeux. New York ? Non, regarde les ponts en titane  entre les iles et les vagues noires en arrière-plan,  regarde l’essaim des étoiles tout autour.

Il neige sur Macao.

 

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