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22/01/2013

Désarmer

Il existe une famille d’actes de langage très utilisée qui mériterait un peu plus de reconnaissance: celle des désarmeurs. De la grande tribu des adoucisseurs, ils cherchent à atténuer une réaction qui pourrait être négative ou à neutraliser l'effet menaçant d’un discours; de toute évidence ils mettent un peu de courtoisie et de second degré dans les échanges. Pour aborder sa vie privée lors de la cérémonie Golden Globes, en dépit des stéréotypes de l’exercice, Jodie Foster en a utilisé toute une batterie: l’interrogation, qui renvoie l’air de rien la balle au récepteur ( « reality show is enough, don't you think ? »), le décalage temporel (« si vous aviez été à ma place.. »... "in the future you will.." ), la négation ironique ( « please don’t cry »), la substitution ironique ( « I’m single!  » et les bras m'en tombent ) , la minimisation (« mon coming out je l’ai déjà fait il y a des années … ) ici dopée à l’hyperbole ( …à l’âge de pierre » ).

Parce que j’ai une certaine tendresse pour la minimisation, je me souviens de celui-ci utilisé par une jeune femme pour désarmer H. : « ça ne sera pas long , juste le temps de t’embrasser » . Je la soupçonnais d’avoir étudié la frontière à ne pas dépasser pour réussir son effet, celle qui se situe à peu près entre désarmer et amadouer.