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22/08/2007

Le chronodeur, tendre moraine

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Près d'Innsbruck, 100%=8h
Le chronodeur est un instrument expérimental qui découpe empiriquement le temps grâce aux parfums. Il peut être utilisé a posteriori, dans ce cas, il agit sur le souvenir des parfums du moment.

 

Métal chauffé, harnachement du téléphérique 4%

Roche liquide, respiration plus froide que l'acier 15%

Eau de vie de sureau 3%

Parfum d'étoile de la neige d'été 10%

Apreté de la moraine, éboulis de pensées sentimentales 17%

Acidité des crosses de fougères 6%

Résine, empulpée sur les doigts (en redescente, perturbation canadienne) 5%

Brume mélangée à la moisissure du sous-bois 8%

Vert aigu de la mousse adouci par une lourdeur terreuse 6%

Parfum de la peau mélangée à l'humidité de la brume (désirable) 11%

Amertume florale des digitales sous la pluie (fugace) 1%

Feuilles broyées des framboisiers sauvages (gourmandise) 2%

Boisé de la sciure, reminiscence d'un instant oublié 3%

Minéralité  d'une pierre ronde arrachée au torrent 4%

Cercle fumé des braises du refuge 5%

07/06/2007

Artemis armée

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Premier trailer de The Brave One
Si la portée de l'intrigue semble limitée
Le plaisir d'un MANGA qui force le trait de son héroïne

http://www.firstshowing.net/2007/05/31/brave-one-trailer/

(source Jodiefoster.nu, merci à Henrik)

16/05/2007

De la licorne à mon fils

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Ce regard est une intrusion aimante : tu es allongé sur les coussins qui font le seuil de ta maison de pain d'épices. Un éléphant de mer attend les coups de ton épée lustrée au miel, sa babine est un tapis vers l'infini. Tu te redresses , tu vis en accéléré comparé à moi, et pars à califourchon sur son dos en bondissant seulement sur les cases blanches. Derrière toi, la fontaine des mondes ( cette source qui s’assèche parfois avec l’âge) dévide tranquillement ses possibilités. Ton animal de mer sucré sourit à ma licorne . Il avait déjà oublié qu’ils habitaient ensemble dans notre maison, au milieu des cases invisibles du damier. Nous décidons d’ailleurs qu'ils galoperons sur les noires et qu’elles se nommeront désormais LES BLEUES, puis complices de ce décret qui nous semble tout à fait culotté, nous rions sous cape.

Bien sur, je sais qu’ici tu ne seras jamais à l’étroit, jamais seul non plus. Le monde réel n'est pas un endroit parfaitement habitable. Mais l'écart de tempérance est souvent une secousse. Je voudrais t'apprendre à ne pas faire mon erreur: l'imaginaire n'est pas non plus un lieu où l'on peut être heureux toujours. Après y avoir pris ses habitudes, il est difficile de savoir comment se donner aux autres.

25/04/2007

Irène à Phira


 

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L'hydroglisseur est désormais sponsorisé par Vodaphone, mais Irène n'a pas changé. Elle pose ses mains sur le muret qui la sépare de l'Egée, absolument offerte à l'écoute d'un appel. Sa réalité se laisse déborder par cette poésie intime et authentique contenue dans les vents et, comme à chaque fois, elle ouvre ses mains aux visiteurs.  Hospitalière, elle laissera ses hôtes prendre leur place en leur faisant croire qu'ils ont choisi de le faire. Irène sait qu'aucun échange n'est anodin, sa parole est acquise aux étrangers (philoxenia, rooms to rent) et elle veille à ramener dans sa nasse les questions égarées par les malfaçons des traductions trop rapides.

Ti  perimenis. Et si tu attendais un peu?

Il est temps d'allumer la dernière karelia du paquet, une lampe à huile, un bâton d'encens, ce souvenir éteint à Thessalonique, pour comprendre la ponctuation grecque: un rappel cyclique au passé.

Dans ce village né du chaos, accroché au bord du ciel, grimpant et persistant,  Irène parcourt le chemin de garde de l'histoire comme Antigone parcourt les murs d'argile de la cité. Ici, elle tient une taverne en famille, des chambres ou une galerie d'art sur la caldeira, ses cheveux ramenés sous une étoffe bleue comme l'ont portée les pretresses avant elle, un téléphone portable à la ceinture et les pieds nus de celles au pigment fragile des fresques d'Akrotiri. Est-ce dans les plis de cette éternité que tu as réussi à dresser la table du quotidien? Si le destin est un atelier grec, au milieu de tous les travaux inachevés de ma vie, je reviens (encore une fois!) chercher une réponse sacrée auprès de toi.

12/03/2007

Berlin, coeur Interzone*

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Au café Sarah Wiener, une jeune femme androgyne, au profil équivoque des marbres grecs, pose sa tasse au milieu des fumées. Sa veste d’homme est une minuscule contrariété à la légèreté de son geste. Ses chaussures cirées, un rappel aux écrans noirs assemblées un peu partout sur les murs de l’entrepôt. Elle lève les yeux et, après une volte, prend en filature le rayon de lumière convergeant de la bibliothèque jusqu’à mon regard qui patiente au centre de la pièce.

Depuis deux jours, ces mouvements circulaires et retors sont fréquents: car nous faisons partie de l'Interzone*.

Berlin est un oeil détaché du corps de l’artiste qui contemple le visiteur; en étant accueillie comme passager, je touche (parfois dans une douce simultanéité avec elle)  le coeur des images de la ville sans jamais voir l'ensemble.

La nécessité de recherche d’expression qu’impose Berlin est une suroxygénation de l’esprit. Par réflexe, je renchéris sur les mots mais c'est une approximation qui convient mal à cette forme ventilée de sensations. Il faudrait conjuguer davantage de champs d'expression pour profiter de cette propulsion, en sachant déborder de l'écrit pur. Faut-il  savoir juxtaposer les images, les matériaux et les mots pour atteindre cette relaxe spirituelle? Je te pose la question puisque tu es photographe et que la ville n'a pas oublié de te tendre, comme à nous, cette provocation.    

En attendant j'ai replié le mouvement de Berlin comme on ferme un éventail. Mais tu m'as prévenue: en l’ouvrant à nouveau, sous mes doigts, tous les motifs auront sûrement changé!

A Cléo

*quatre large écrans envisagés sur un mode circulaire donnent au spectateur une vue kaléidoscopique étourdissante / Œuvre d’Anne Quirynen 2007, exposée en ce moment à Hamburger Bahnhof/ Photo de Patricia-M !

01/03/2007

Les Villes Parasites

baaed0c17a47e20e66ef51a5e1f5f8d4.jpgIl y a des villes qui ne vous réussissent pas.

Dans mon univers (qui, je le reconnais, est un peu biscornu), elles s'appellent les VillesParasites.Au fil des voyages, j'ai noté leurs tactiques dans mes carnets, maintenant je sais les reconnaître. Non seulement la VilleParasite résiste aux sollicitations de son passager comme un cheval qui refuserait qu’on le dirige, mais elle agit aussi aux dépens du voyage. Certaines sont rétives à votre bien être ou à votre tranquillité, d'autres ont la topographie sournoise, la rencontre inappropriée, l'incident facile. Des viscosités, parfois imperceptibles, qui génèrent un climat troublé, pesant. Une forme de syncope de l’allégresse bourlingueuse. A un moment, il y a toujours un arbitrage.

Faut-il quitter cette ville? Ou faut-il la prendre à bras le corps, mais sans direction, comme égarée dans un mauvais tango. Fuir ou se saisir de l'animal? Si vous voyagez à deux, la ville parasite aura tendance à jouer des oppositions de vos tempéraments respectifs jusqu'au déchirement ( Kalamata, étrange cité qui a égaré toutes ses plaques de rues un jour de tremblement de terre, a absorbé, l’enthousiasme de ma femme comme un buvard empoisonné. Il a fallu rouler des heures en pleine nuit pour se débarrasser de cette membrane ). Si vous êtes seule, elle peut balayer votre optimisme à peine ses limites géographiques franchies; j'ai chuté sur Rotterdam comme une débutante alors même qu’une amie était là pour guider mon approche rudimentaire du plaisir de l’architecture des buildings, pas assez apparemment pour interférer.

Les VillesParasites sévissent ainsi de manière endémique mais en très étroite connexion avec votre état d’esprit sous son aspect le plus temporalisé. Pour faire simple, elles sont branchées et interfèrent sur vos humeurs.  Pour désamorcer, j’y vais à l’aveuglette : trouver cet endroit tenu par une femme où l'on peut s'arrêter un moment, lire un journal, boire un café, manger, se faire masser et, pourquoi pas (à l’image de ce nouveau lieu ibérique) prendre un bain flottant dans des bassins salés par une combinaison d'iode et d'algues. Si la tension s’estompe, c'est que l'épiderme de la ville frissonne sous cette sollicitation inattendue. Après? Toujours continuer la caresse.

Chiche.

25/02/2007

Stimuli rapportés

57b3bb01001248178f7fe8e7a0840c79.jpegJe ne regarde pas cette scène, mais l'image de cette scène.

Car c'est ton champ perceptif que j'explore maintenant. En décalé. L'objectif de l'appareil photo est une perception de substitution. Il indique une direction, celle de tes sens. Il propose aujourd'hui une médiation libre. A l'instant où tu me tends ce cliché, je t'assure que je le vis de manière beaucoup moins littéraire. Mais il ne manquerait plus que j'écrive à chaud.

Tu as placé ton appareil juste à la droite du bar pour capturer cette femme, ou plutôt, son expression. Il est tard: l'endroit est une navire qui a résisté à l'assaut des déferlantes intimes. L'abordage est plus facile dans le creux de la vague, mais à cette heure écumante de l'aube, ce n'est pas une intention si réfléchie. Dans la partie supérieure de l'image, la luminosité du plafonnier parle en langage voltaïque au verre de vin blanc à moitié vide sur le comptoir. Un éclair installé entre eux découpe la scène d'un halo qui repousse les murs à l'arrière-plan. L'effet d'un mouvement gelé.

Dans la partie inférieure, un damier noir en filigrane sous la laine de sa jupe, le talon mordu par les créneaux dentelés d'un animal de bar, le tabouret. Le miroir contrarie la logique de réalité car nous la voyons maintenant de dos, les cheveux sont relevés.

En réalité, ce décor n'est pas en noir et blanc, la fumée des cigarettes n'est pas un voile scintillant, l'air n'a pas cette texture vaporeuse et ce sourire n'est pas suspendu. Pourtant je pourrais prendre ce verre et le boire, ramasser son écharpe, poser une main sur le bois, caresser cette nuque blonde infléchie et l'embrasser. C'est la représentation figée de la « haute définition » de tes sens. Tu es ce narrateur qui a osé cette perception à ma place. Mais es-tu généreuse? Car ces stimuli sont une invitation.

J'aime que tu me donnes à sentir ce que tu me donnes à voir.

02/02/2007

Minutes brûlées

Cet endroit est une pyramide. Symboliquement, le ciel et le fleuve la protègent. Littéralement, elle s’est construite avec l’ambition d’être abritée du monde. Comme les centaines de pèlerins qui passent l’entrée chaque jour, je dépose mes sacs aux pieds du probe (assis) et du scrupuleux (debout), avant de m’engager dans le défilé spartiate relié au labyrinthe des corridors. Passé le millième numéro, beaucoup implorent Anubis. J’ai rangé le plan dans ma poche car je sais précisément où elle reçoit ses visiteurs. A l’ouest, avec le privilège d’une vue sur le fleuve. Quand j’arrive dans son bureau, le soleil descend déjà et même le silence s’est empourpré de rubis. Elle a l’air épuisée, enroulée dans son étole, la lumière écarlate jouant avec ses traits. Elle me dit qu'il lui reste plus de 300 mails à lire dans sa boite. Je suis contente de ne pas lui en avoir envoyé. Si elle est capable d’en consulter 50 par heure, en respirant peu, elle est ici jusqu’à 23 heures. Rougeoyant. Ce coucher de soleil est sublime mais, dans le cadre de cet échange, il ne nous appartient pas. Le moment s’est vidé de son sens au contact de sa brûlure. Je me sers un verre d’eau et nous restons brièvement dans la stupéfaction de laisser s’échapper une certaine beauté. A cet instant, nous partageons une seule chose : le sentiment de consumer nos vies

28/01/2007

Un coquillage dans le jeu

fd4484be12a7e4ac3ea8f293de4fce33.jpgJ'aime bien la manière dont vous jouez. Un coude posé sur le tapis et en suivant l’articulation de l’avant- bras, une cigarette. L’autre main fait glisser un jeton avec une lenteur contrariée par un appel pressant. Vos mains appartiennent à un vertige    

segmenté par des unités numéraires, dont l'énergie centrale est une bille. Elle tiendrait dans votre paume si celle-ci n'était pas maintenant renversée sur la table. Retournée. Comme un coquillage. Pâle mais involontairement nacré par les lumières de la salle de jeu, pigmenté par le ressac du temps, adouci par des caresses en institut . L’espace contrôlé du tapis est devenu le vôtre mais j’ai l’endurance nécessaire pour profiter du spectacle. Des fois même, je participe. Ne me regardez pas étonnée, je joue toujours le 9 après le 3. C'est comme ça, c'est une question de principe. C’est comme répondre au sphinx quand il pose une question pour éviter que le monde ne s'écroule. Vous auriez peut être ri de bon cœur si la bille n'avait pas hypnotisé cet élan. Ce lieu sape minutieusement le plaisir alors qu'il se vante du contraire. Ce n'est plus un de ces palaces flottants qui font rêver par leur faste (ou mieux leur exotisme), c'est juste une maison bourgeoise qui l'a perdu et qui se tient désormais aux antipodes du royaume imaginaire. Dans cet autre royaume, les coquillages racontent encore des histoires de marin, répétées à l'infini par le vent et collectées éternellement par les adultes en mémoire de leur enfance. J'aime bien la manière dont vous jouez, mais derrière le casino, il y a toujours le bruit de la mer qui joue une note plus haut.

19/01/2007

Notre charte ?

49d7846f304e4f512e0a4060d30fa676.jpgLa charte, tracée par Alice au feutre noir sur un mur de son bureau, raturée au fil des épisodes et des tendres voyages, déchirée, embrassée, parfois déteinte par les larmes, vient d'être décrochée et rangée dans les cartons du grenier d'Ilène. Adieu à l'encre sur les doigts. Adieu aux corps plaqués contre les feuillets plaqués contre le mur plaqué dans l'arrière-cour de notre imaginaire. Pourquoi ? Parce que, comme beaucoup, la charte a désormais un avatar. On s'y tromperait: l'avatar de la charte ressemble trait pour trait à la charte, mais sa dématérialisation décuple sa puissance. Reliftée, renovée, repulpée, colorisée pour vous (nous) plaire, pour vous (nous) rassembler. Car les super-pouvoirs du virtuel lui permettent de s'extraire de sa fonction narrative pour être une entité du réel . Et la subtilité est ici: l'avatar de la charte existe à la fois dans la fiction et dans le pan virtuel de la réalité. Qui est lui-même tout à fait concret.

L'avatar de la charte s'est auto-proclamé Notre charte.

L'avatar de la charte a aussi des ambitions, prioritairement celle d'être la première vision structuraliste du monde lesbien à échelle planètaire. Ce qui n'est pas rien. Si Ilène duplique cette structure, c'est qu'elle a l'idée ( plus ou moins souterraine) d'identifier un réseau. Je veux croire à la sincérité de ses motivations, comme celle de donner l'impulsion de quelque chose. Ce super schéma, basé initialement sur l'ingénieuse théorie des six degrés de séparation ( grossièrement: nous sommes tous reliés par six personnes/ en identifiant cette chaine, il est possible de rencontrer n'importe qui) , a évolué depuis qu'il a été lancé par Guinevere avec cet éclat de rire qui la caractérise. La charte reliait des femmes sur le critère du sexe par pur ressort narratif (je suis heureuse d'apprendre que Shane a couché avec plus de mille femmes et je cède au plaisir de l'idée mais cette information aurait plutôt tendance, en pratique, à me faire fuir ), l'avatar de la charte semble vouloir les relier sur un critère d'affinités. Alors quoi ? Liens amicaux... cérébraux, sentimentaux, amoureux ? La charte dessinait ces liens temporellement, l'avatar de la charte voudrait aussi les tisser géographiquement sans s'imposer de barrière linguistique. L'avatar de la charte serait-il donc plus généreux que son double de fiction? En tout cas, son amplitude réclame votre participation sur la base du donnant-donnant.

Accepter d'avoir un fil à la patte. Pour se sentir la partie d'un tout. Le dessin d'une galaxie au-dessus de nos vies. TLW S4 E1

14/01/2007

Andrea planetaire

90d73bc172c681b2a488e309024683f2.jpgCent mètres carrés d'une blancheur connotée et un canapé découpé au cutter au centre de la pièce. A  Paris, l'espace donne lieu à des exhibitions. Je suis assise dans le salon (sic) de travail à l'écart. La résonnance des pas fait partie du show. Une fleur entre et s'excuse d'appartenir à cet espace réservé et de m'y avoir invitée. Pourtant Andrea, c'est toi qui m'intimide. Des paroles comme un volcan et le tamis de ton intelligence pour rester accessible à ceux qui rémunèrent ton temps à la minute comptée.Il ne faut pas être trop over-promising  : au-dessus de ta tête ce slogan barbare qui fait dans la complaisance post-pubeuse. Mais celui-ci ce n’est pas toi qui l’a inventé ! Tes mots sont des unités plus sauvages que tu vends à la parcelle. Tu transformes chaque objet en une symbolique purifiée parfaitement adaptée au village-monde. Tu transformes la possession en un partage doucereux, l’acte d’achat en un chant indien autour d'un feu de bois, en un capteur d'énergie, en un totem nord-sud, tu déploies l'ossature parfaite des envies planétaires!

Notre point commun n’est pas de savoir raconter des histoires mais de savoir que chacun désire, un jour ou l’autre, qu’on lui en raconte une. Avec un supplément d'espoir je me plais à imaginer ta reconversion hors de la pub. Trop de blanc ici. Ton regard glisse sur mes bottes, mon pantalon noir, mon chemisier noir. Aucune marque de tes fréquentations pour accrocher et interrompre cette glissade discrète. Je dois avoir l'air d'une femme sortie desMen in black. Avec les souvenirs en plus. D'ailleurs c'est pour ça que tu es décidée à me payer: pour être invisible,  dans l'ombre de tes mots et te faire signe à l'instant même où leur association fonctionne. Contrairement à toi, communiquer n’est pas facile pour moi mais je suis probablement cette interprète dont tu as besoin. Ce calque permanent, ça me fait vivre, aux entournures ça m'empêche de vivre.

Clic-clac en fondu digital. Le Mac à ta droite communique à son tour, IA en devenir, en émettant un signifiant sonore qui t'es destiné. Tu hoches la tête (vers lui) en (me) souriant. Jolie chaîne de communication non verbale, vision à peine futuriste.  Andrea, ton obsession de la communication est devenue une invention vivante et tu sais combien ça m’impressionne, mais je suis équipée pour résister aux toxines de ta capacité naturelle de persuasion. Mes défenses immunitaires tournent maintenant à plein régime pour m’injecter en temps réel un contrepoison mental.

Car, dans le fond, je sais que tu es prête à engendrer des disciples. Et refuse d’en faire partie.