03.10.2006

Artemis au stade

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30.09.2006

Apprentissage du coming-out

Fin des années 70, n'importe où en France.

Apex 1 :Mon cœur se suspend un instant, puis je pose le menton sur mes genoux. Il existe donc des prisons pour femmes ! D’ailleurs, on vient de la projeter sans ménagement dans une cellule qui a pourtant l’air indisponible. Celles qui l’occupent ne semblent pas heureuses de la voir arriver, une en particulier, plus robuste, le profil d’un pilier de temple romain, bouche de travers.

Apex 2 : Intimidation, défiance, conjecture, simulacre, je croise les bras devant tant de sournoiserie. Sitôt je me vois dans ce réfectoire pour la défendre, la parole placée haut, captant les regards fuyants. Au lieu de ça, je sursaute car une porte vient de claquer. Rien de grave. Le passage d'un adulte. Des voix familières survolent ma sphère allégorique sans parvenir à percer sa surface. Mes paraboles suivent désormais des chemins INDEPISTABLES pour eux. Et je ne laisse pas de petits cailloux. Je ne veux surtout pas qu’ils découvrent que le poucet du conte a été remplacé par une brune aux yeux clairs avec un matricule sur la poitrine. En plus, je pressens déjà que j’aime les uniformes. Trop déconcertant. Trop décalé. Dans ce flou légal de l’enfance, ma perception indique une sorte d’écart entre eux et moi qui va, par la suite, m’emmener en cascade bien plus loin que je ne l’imagine. Il s'agit du début d'un apprentissage à contre-champ de leur vision.

Apex 3 : Voilà, elle est enchaînée dans un champ. Mais il y a chaîne et chaîne. Certaines contiennent déjà une promesse d’évasion. J’ai des indices convergents. L’action réclame son dû et son uniforme se déchire, mais c’est déjà la fin de l’histoire. Kelly sourit dans un grand bureau et ses gestes sont amples, tout son être est délié, délié des entraves, délié de l’uniforme, délié des contraintes de mon âge . Maintenant j'entrevois mes propres chaînes car je ne sais pas comment lui avouer que je l’aime. Fin de l’épisode.

27.09.2006

Minuit passé Frontenac

00ec5e5046e11f7d44d28327f726d633.jpgAube aux mèches blanches a posé un verre devant moi « on dirait qu'elle a un kick sur toi,  là-bas ». Ici pour moi tous les bars s'appellent la coureuse des grèves: je m'enivre d'abord des mots. « c'est une bonne place pour cruiser là, mais si tu veux placoter aussi...». Les mots semblent hospitaliers : on connait leurs imaginaires, leur musique avant de comprendre leur sens. Cette familiarité est aussi un traquenard, vouloir s'approprier leurs usages, plutôt pelleter des nuages ...

« Où t’as crissé ta blonde ? A Paris ? c’est platte… » Elle rit « tu viens badtripper ici alors… squalle la poulie, je reviens ». Je pourrais rester là toute la nuit à laisser venir des mots en infraction. ,  une série de permutations intuitives et décalées se combinent comme la fumée et la menthe dans ma bouche. «  Non, je ne rêve pas de frencher cette fille, mais j’ai un fun noir à la regarder ». Comme j’étais ben smatte, avant de flyer vers d’autres clientes, Aube m’a donné un conseil « être loin de sa blonde, c’est rien que du trouble… ».

Minuit passé Frontenac, moi aussi je disparais dans les lendemains de la veille.

20.09.2006

Dernier message à Valentine

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« Le délicat lancement d'Atlantis met en lumière la vétusté de la flotte spatiale » Libé, 11 septembre 2006

Il n'y a pas de papier ici. Pas de crayon non plus. Si je veux lui envoyer un message, il faut que je le code. Mais le robot a focalisé chacune de ses microstructures sur cette possibilité insolite d'avoir manqué la station spatiale internationale avec un écart de plus de 250 kilomètres. La relation observée entre Ows et PeS demeure surestimée du fait de l’influence incontrôlée de… (protesta la voix de synthèse). Je fonce dans ce module défaillant vers la première ligne d’astéroïdes. Ce ne sera pas comme sur terre puisqu’il n’y a pas d’oxygène pour alimenter une combustion. Je vais disparaître dans un éclair de lumière. Je suis une scientifique mais l’idée d’une telle énergie cinétique m’évoque à cet instant autre chose : je pense au mouvement de son corps.

Valentine et moi avons expérimenté ce dont certaines peuvent rêver : l’apesanteur. La première fois, enroulée en elle, je n’arrivais plus à savoir si c’était vraiment ses larmes qui s’élevaient vers la cloison de la plateforme en une vapeur de pétales clairs. Cette microgravité a inversé nos gestes familiers pour nous offrir le revers de nos caresses. Je me suis si souvent extirpée du puits de gravité terrestre sans jamais ressentir la puissance d'un tel moment. Le décalage observée ne peut être compensé par le compresseur central.. (renchérit le robot)

Je suis invraisemblablement seule et l'énergie que je voudrais mettre pour la rejoindre serait suffisante pour déclencher un orage magnétique. Des aurores apparaîtraient et des plasmas aussi probablement. Pyrotechnie dans ses yeux quand je lui parlais des bouffées de poussière de roche frappant mon scaphandre et que j'imitais sur son bras la pression des particules sur la sonde équivalente à la caresse d'une plume...rétablir l'orbite nécessiiiiite la réparation du module extérieur...(signal)

Je ne veux pas être une héroïne hors de ses bras. Dites à Valentine que je l'aime et laissez-moi arrêter ce robot !

 

12.09.2006

Calcul de l'indice de fidélité

Des fois j’opprime la vie d’un calcul ( et elle ne se scandalise pas). Comme la notion de fidélité est un continuum, elle dénote une échelle permanente et donc la possibilité de réaliser un indice. Minute, c’est un de mes barbaromètres.

La première étape consiste à calculer le coefficient de longévité avec la formule suivante : CL = ( NxM)/(N1+N2)

N : nombre de L ( 2 a priori /fonctionne aussi pour les messieurs) M : nombre de décisions sur lesquelles s’entendent les partenaires du couple N1,N2 : nombre total de décisions prises en situation par chaque partenaire

Par exemple, si le couple partage 50 situations et s’entend sur un total de 44 cas, le coefficient de longévité est le suivant : 0.88 Cl : (2x44)/ (50+50) Cl :0.88 (Autant vous dire que Bette et Tina arrivent déjà , à cette étape, à un coefficient sous la barre médiane)

Lors de la seconde étape, appliquer le coefficient de fidélité permet de tenir compte de la possibilité de situations aléatoires ( il ne s’agit pas ici d’un calcul probabiliste, il faudrait pour ça travailler à la racine carré du couple, carrément plus complexe).

( exemple de ) coefficients de pondération des situations aléatoires : Travail - 0.05 ( si à Vancouver, pondérer par deux) Soirées ami(e)s - 0.04 ( si plus d'une femme, pondérer par trois) Forum Patricia-M  - 0.03 (bah...) Théâtres surtout Châtelet  - 0.02 Bar de l’hôtel Reisen - 0.01 ( s’il neige sur la Baltique, pondérer par quatre Pont supérieur du ferry  - 0.01 Autres etc.

Ainsi, l’indice de fidélité, tenant compte des pondérations, doit être barbarométré tel que :(coeff de longévité – coeff de fidélité x pondérations) = indice de fidélité

Par exemple, IF= ( 0.88 – 0.05+0.02) IF= 0.81

Il est d’usage pour les chercheurs de considérer tout seuil minimal à 0.80, mais à partir de quel niveau barbarométrer une fidélité défaillante ? Aucune norme ne permet de l’établir de manière invariable et universelle.

10.09.2006

Guinevere en peinture, avant-hier

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Avant-hier, tu t'appelais Max et la peinture noire et blanche de Rose t'aimait au couteau. Plutôt abruptement, le long d'un mur, en découpant ta maxillaire avec un jeu de lumière crue pour l'offrir à d'autres femmes (qui auraient pu s'appeler Moira). Moi qui avais presque ton âge, vivais avec une rousse, m’habillais en noir et qui traînais là où je pouvais assister aux choses, je me suis détournée de la substance sociale du film pour y chercher fixementune monochromie du désir entre vous deux. Si elle avait vraiment fait de toi une épousée avec ses images, je pouvais donc tout faire avec mes mots. Go fishing, lentement et en particulier.

Dix ans plus tard, six degrés de séparation entre les initiales LA et LW ( ou plus concrètement entre tes ex et celles de Rose) ont crée la palette nécessaire à Ilène pour donner vie à la toile. Finalement, Ilène a sublimé le tracé de l'imaginaire qu'elle te reproche aujourd'hui.
En haut de cette toile, tu n'avais pas besoin d’incarner Gaby Deveaux, cette maladroite reproduction du charme français, pour être là chez toi parce qu' avant-hier, à Paris, tu avais déjà ton regard de sirène.

 *Go Fish 1994, Cineffable nous l'avait apporté

02.09.2006

Reste la question d'Ilène

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J'ai un faible pour la femme invisible. Ce personnage qui n'apparaît jamais au long des L-saisons et dont on entend pourtant les battements sous le masque et la toge. Mais il me manque sa chair. C'est dire si j'ai un problème avec Ilène Chaiken.

Ilène, c'est Mary Shelley à l'envers.
Elle s'est dépossédée pour donner corps à de multiples louves sans jamais faire d'elles des créatures.
Elle a retenu son poing en frappant Bette de son inextinguible énergie, tout en lui inoculant sauvagement l'héritage de sa rupture. Elle a confié ses années à Marina sans lui céder son esprit, son ingénuité à Dana sans lui donner son charme. Elle confronte toujours ses désirs à ceux de Shane pour soupeser la distance avec son propre précipice . Son dernier éclat de rire le long du Pacific Rim est venu se loger en haut de la pupille d'Alice, elle en a fait des bouquets généreux à force de marcher à deux sur ces plages de l'ouest canadien.

Compter les ricochets me prend du temps. Parfois, devant l'écran, je ne vois que la mosaïque du visage d'Ilène.

25.08.2006

Si l'hôtesse cède au haïku


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L'hôtesse d'Air France a légèrement plissé les paupières, ce qui a envoyé une imperceptible onde de choc dans tout l'appareil, puis a terminé son intermède par: « Surtout Respirez Normalement ». Respirer normalement n'est pas compatible avec la chute du masque jaune, pas compatible non plus avec les ailes blanches qui tentent de s'envoler de sa poitrine à droite. A ce moment, pour entériner le rituel d'avertissement et que nous puissions tous respirer normalement,  je voudrais que l'hôtesse garde le micro et énonce un haïku:

« Fraicheur,

le bas de mon kimono soulevé par le vent,

dans le bosquet de bambous »

(Chiyo-Ni vers 1750)

Si l'hôtesse cède au haïku, les étoiles auront un spectre très particulier sur ce vol de nuit. Si l'hôtesse avait cédé au haïku, son clin d'oeil incertain aurait glissé en un souffle régulier vers tous les passagers.

21.08.2006

Pause! Elle m'a quittée avec son mot-valise

Je n'en ferai pas un cathédrame,religieusement douloureux, mais j'ai l'hainergie, cette force de répulsion, de vous raconter la fin de cet acte ci: unité de temps, unité de lieu, mais pas unité d'action. Ce matin, hexactement à 6 heures, elle m'a annoncée qu'elle partait; l'air était embué, surement un pervertige lié à la propre mise en abîme de sa décision. J'ai senti la mécanicule de cette calamitié me passer le corps comme un compresseur atmosphérique complètement allumé ( brisez la glace seulement en cas d'urgence/ papillon en 24 langues). Les secondes pesaient alors à peine un mélogramme. Ce n'était pas vraiment le moment de prendre la fuître en se refermant dans sa coquille, ni de sombrer dans la nocetalgie de notre mariage. J'avais bien certaines théoriz, mais elles me laissaient toutes sur ma faim. La seule chose chose dont j'étais certaine, c'est que j'étais totalement éperdurée d'amour malgré les circonspectres des années. Si elle pouvait oublitérer notre vie par petits trous de mémoire, j'en étais incapable. Ou bien avais-je juste ouvert la porte de sa névroseraie, ce jardin où s'épanouisent ses fleurs du mal? Elle n'avait aucune intention de me fragmentir en distillant la vérité par épisodes, elle avait donc préféré libérer son grand velcrocodile, ce prédateur qui ne lâche Jamais sa proie. Il ne me restait plus qu'à la laisser partir pour qu'elle me revienne. En échange, je quittais mon nescaphandre et comptais bien lui offrir par surprise un bathyscafé, un petit noir édulcorsé pour émerger de son abîssal grand bleu.   

( Merci à la formidable collection de Mister Créhange et son salopare de pornytorhinque)